20 décembre 2006

Synthèse: Chômage et précarité, une fatalité pour les jeunes ?

logo13SEGO COMPTE RENDU DU 20 DECEMBRE 2006   

Marseille, Café des Danaides

Le premier café débat organisé par Segosphere Bouche du Rhône a eu lieu le mercredi 20 décembre à 19h00 au café Les Danaïdes (Marseille). Il a réuni une vingtaine de jeunes pour débattre du problème du chômage et de la précarité pour les jeunes et a suscité des débats animés ! Une première expérience de démocratie participative réussie…

Un constat simple… MAIS INACCEPTABLE !!!

Selon l’INSEE :

  • Le taux de chômage chez les jeunes de 16 à 24 ans en 2004 était de 22%.

  • Le chômage concernait en 2004 environ 600 000 jeunes. (environ 50 000 de plus cette année). En Europe,

    la France

    est à la 20ème place sur 25 en ce qui concerne le taux de chômage.

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  • En 2003, la dépense pour un étudiant en fac était de 6 820€ alors qu’elle s’étendait à 13 170€ pour un étudiant en classe préparatoire aux grandes écoles

  • 25% des jeunes qui entrent à l’université en sortent sans diplôme.

  • 2/3 des étudiants travaillent pour financer leurs études.

Le chômage et la précarité ne peuvent pas continuer à être une fatalité pour les jeunes !


Un débat passionnant pour un réel désir de changement… QUELQUES PISTES EN QUELQUES HEURES…

Les principales difficultés rencontrées par les jeunes :

- L’université et le système scolaire ne préparent pas efficacement à l’entrée dans la vie active : le baccalauréat est dévalorisé, l’université n’a pas suffisamment de moyens et trop d’étudiants abandonnent au bout de quelques années leurs études. Les grandes écoles ne concernent qu’une minorité d’étudiants et reproduisent les inégalités sociales.

Ces inégalités sont présentes dés l’école et le collège en orientant les élèves les plus défavorisés vers les établissements les moins « cotés ».

- Trop d’étudiants font face à des difficultés matérielles et financières qui les empêchent de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. Le montant des bourses est largement insuffisant face aux loyers de plus en plus élevés et prés de 2/3 des étudiants doivent travailler parallèlement à leurs études.

- Il y a un problème majeur d’accompagnement des jeunes dans la recherche d’un parcours universitaire et professionnel adapté à ses envies et à ses compétences. On laisse les lycéens et les étudiants face à eux même : nombreux sont ceux qui réalisent trop tard qu’ils n’ont pas choisi la bonne orientation. Ce manque d’accompagnement renforce les inégalités sociales puisque les parents des classes « aisées » ont les moyens financiers et intellectuels pour trouver les meilleures filières, payer des cours particulier et bien orienter leurs enfants.

- Les formations manuelles, technologiques et professionnelles sont dévalorisées en France, alors que ces filières offrent des possibilités d’emploi bien rémunérées et la possibilité de devenir son propre patron.

- Avec un même diplôme et les mêmes compétences, un jeune n’aura pas les mêmes chances d’embauche suivant sa « couleur », ses « origines sociales ou culturelles »… Les jeunes ne croient plus en l’égalité républicaine et en la possibilité de trouver un emploi grâce aux études. Pourquoi consacrer tant d’effort pour obtenir des diplômes si c’est pour s’entendre dire qu’on « ne correspond pas au profil demandé » car on est trop noir, trop « bronzé », trop femme, trop jeune, trop… ?

Quelques pistes et propositions …

1/ Création d’un véritable service public de l’orientation avec comme principale mesure un suivi personnalisé dès la 4ème (une heure par semaine pour aider les jeunes à réfléchir à leurs envies, à se documenter sur les différentes possibilités d’études et de métiers). Les  conseillers d’orientation ne sont pas assez formés et ne travaillent pas suffisamment en symbiose avec les professeurs, les parents et les entreprises. Ces temps de réflexion sur le parcours professionnel pourront permettre d’organiser des rencontres avec des entreprises et des universités.  La première orientation ne doit pas être un choix de dernière minute mais une véritable réflexion et recherche anticipées bien avant l’année du bac.

2/ Des difficultés d’étude passagères ne doivent pas devenir une fatalité et un poids tout au long de la vie. Même après avoir quitté le système scolaire, il faut pouvoir reprendre des études si on le souhaite, à n’importe quel âge, grâce à des passerelles entre le monde de l’entreprise et les universités et à un appui financier. De même, on doit laisser aux étudiants la possibilité de changer de filière au cours de leurs études en intégrant des passerelles entre différentes formations.

3/ Il faut rapprocher les cours de la « réalité du monde du travail ». Il y a un décalage complet entre les cours que l’on nous enseigne et la réalité du monde du travail !! Les stages ne peuvent pas être la seule solution car ils se transforment souvent en « stage café, photocopie » ou en exploitation pure et simple de main d’œuvre bon marché. Des passerelles doivent être organisés entre monde professionnel et monde étudiant (tutorat, alternance) et on doit s’assurer que les stages ou les contrats de professionnalisation débouchent réellement sur une formation. Les associations de l’insertion par l’activité économique pourraient permettre de faire ce relais (GEIQ, chantiers, etc.).

4/ Donner les moyens à l’école et à l’université d’être réellement performants. Il faut augmenter le budget de l’éducation nationale et en particulier les budgets des universités qui sont laissés à l’abandon aux profits des filières « sélectives ».

5/ Revoir la carte scolaire pour favoriser la mixité. Il faut casser les ghettos scolaires opposant les « classes aisées » et les « classes populaires » (aménagement urbain, amélioration des transports ; favoriser le même accès aux services publics, à la culture et à l’éducation). Les ZEP doivent être revalorisées : il faut envoyer des professeurs plus expérimentés au lieu de jeunes professeurs sortis de l’IUFM désemparés face à des élèves « difficiles » malgré souvent leurs bonnes intentions au départ.

6/ Création d’une « allocation autonomie jeunesse » pour permettre à chaque étudiant de construire son avenir sur la base d’un projet de formation précis (en remplacement des bourses actuelles). Les conditions de vie des étudiants sont indignes et peu propices à la réussite. Il faut permettre aux jeunes de trouver un logement décent, rénover les cités universitaires, améliorer le transport urbain et permettre à chaque étudiant de suivre ses études sans travailler.

7/ Favoriser la création d’entreprise et la reprise de commerce et d’artisanat par les jeunes. De nombreux commerçants et d’artisans vont bientôt partir à la retraite sans savoir qui va reprendre leur entreprise. Les jeunes doivent être encouragés à prendre des responsabilités, se lancer dans leur propre création d’entreprise, même s’ils ne viennent pas d’une école de commerce

8/ Améliorer la formation en IUFM : les professeurs ne sont pas suffisamment préparés aux cas concrets des élèves d’aujourd’hui. L’apprentissage est encore trop axé sur le « bachotage » et ne permet pas suffisamment de développer la personnalité de chacun.

9/ il faut donc renforcer les moyens de

la HALDE

avec la création d’une « police des discriminations » afin de vraiment donner des moyens d’action à cette autorité qui doit devenir en effet une menace crédible (au niveau national mais surtout au niveau local avec des actions de proximité). Un observatoire de la vie en entreprise doit permettre de pointer du doigt les entreprises qui pratiquent la discrimination. Le CV anonyme, de même que la discrimination positive semble dangereux car il pose le problème justement de l’identification et on ne changera pas le problème lors de l’entretien ou de la période d’essai !!! On ne pourra pas tout le temps se « cacher » qui n’est pas justement une bonne solution ; on a pas à avoir honte de notre identité!! Il faut entrer dans une véritable « bataille culturelle ». C’est la politique « du vivre ensemble »  avec nos particularités et nos histoires personnelles qu’il faut relancer !!

En espérant que cette tentative de synthèse est fidèle à la richesse des débats, nous vous remercions pour votre participation au 1er café sego.

IMPOSE TOI DANS LE DEBAT !

Posté par SegospherePACA à 14:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Synthèse: Chômage et précarité, une fatalité pour les jeunes ?

    savoir

    bonjour je souhaiterai savoir si vous proposez apprendre
    à installer panneaux solaire je besoin stage pour monte ma societe enrgies
    solaire en ( IRAN ) cordialement arjmandi

    Posté par arjmandi, 15 mai 2008 à 10:51 | | Répondre
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